Que découvre-t-on au musée Sarret de Grozon d’Arbois ?

Vous poussez la porte d’un hôtel particulier du centre d’Arbois et vous voilà transporté dans l’intimité d’une famille d’aristocrates comtois. Le musée Sarret de Grozon, labellisé Musée de France, occupe une demeure léguée à la ville en 1902 avec son mobilier et ses collections. On y plonge dans l’art de vivre raffiné de la province des 17e au 19e siècles : peintures franc-comtoises et flamandes, porcelaines venues d’Orient, argenterie aux armoiries familiales et appartements de réception restés dans leur jus.

Que découvre-t-on au musée Sarret de Grozon ?

La promesse de ce lieu tient en une phrase : une maison habitée, pas une succession de vitrines froides. L’ancien hôtel d’Achey a gardé ses appartements de réception, leurs décors d’origine et le mobilier de la famille. Vous circulez entre grand salon, escalier d’apparat et pièces meublées d’époque, au milieu des objets accumulés par plusieurs générations. C’est cette atmosphère de demeure aristocratique qui fait tout le charme de la visite, bien plus qu’une simple collection d’art accrochée au mur. Avant de programmer votre venue, jetez un œil aux horaires, tarifs et conditions d’accès du musée pour ne pas vous présenter porte close.

Une demeure d’aristocrate figée dans le temps

L’hôtel particulier compte parmi les plus belles bâtisses d’Arbois. En franchissant le seuil, on retrouve l’agencement d’une grande maison bourgeoise du 18e siècle : les pièces s’enchaînent comme si les propriétaires venaient à peine de sortir. Les décors murals, les sièges, les commodes et les tableaux dialoguent dans une ambiance feutrée. Cette mise en scène vous donne une lecture concrète du quotidien d’une lignée comtoise aisée, loin des musées où l’œuvre est isolée de son contexte. On déambule, on lève les yeux vers les moulures et on imagine sans peine les réceptions d’autrefois. Si ces vieilles pierres vous séduisent, le Jura regorge d’autres demeures historiques à explorer, à commencer par ses plus beaux châteaux à visiter dans la région.

Des collections qui racontent un art de vivre

Les collections du musee Sarret de Grozon
Les peintures
Du 17e au 19e siecle : des oeuvres de Gustave Courbet, une salle entiere dediee a Auguste Pointelin, peintre du crepuscule natif d’Arbois, et des maitres flamands comme Andries Danielsz.
Les porcelaines
Des pieces importees par la Compagnie des Indes, temoins de l’engouement d’alors pour l’Orient et ses chinoiseries.
Les faiences
Un bel echantillon de Delft et des manufactures francaises, dans une demeure restee meublee d’epoque.

Le musée brille par l’éclectisme de ses pièces, reflet fidèle des goûts d’une famille curieuse du monde. Chaque salle révèle une facette de cette élégance provinciale.

  • Les peintures : des tableaux du 17e au 19e siècle, avec des œuvres de Gustave Courbet et une salle entière dédiée à Auguste Pointelin, ce peintre du crépuscule natif d’Arbois. On croise aussi des maîtres flamands du 17e siècle comme Andries Danielsz.
  • Les porcelaines : des pièces importées par la Compagnie des Indes qui témoignent de l’engouement d’alors pour l’Orient et ses chinoiseries.
  • Les faïences : un bel échantillon de Delft et des manufactures françaises de Moustiers et Rouen, aux motifs variés.
  • L’argenterie : une riche collection née d’héritages successifs, dont beaucoup de pièces portent des poinçons comtois du 18e siècle et les armoiries de la famille.

Cet ensemble dessine le portrait d’une aristocratie ouverte sur le large : objets rapportés des frontières de l’Afrique, vaisselle venue d’Asie et savoir-faire bien de chez nous se côtoient sous le même toit.

Une famille arboisienne et un legs hors du commun

Derrière les vitrines, il y a une vraie saga locale. Le premier Sarret, Jacques, s’installe à Arbois en 1702. Son petit-fils acquiert en 1771 l’hôtel d’Achey ainsi que la seigneurie de Grozon. La maison passe ensuite de génération en génération, jusqu’à Louis-Ignace qui devient maire d’Arbois. Le dernier descendant, Antoine-Albert, lègue l’hôtel à la ville en 1902 pour en faire une maison d’art. Sa veuve Amélie conserve l’usufruit puis enrichit le legs de bijoux et de dentelles. Le musée ouvre ses portes au public dans les années 1930. Connaître cette histoire change le regard sur la visite : chaque objet devient le fragment d’une mémoire familiale offerte aux Arboisiens.

Un clin d’œil inattendu à Louis Pasteur

Voici la petite surprise que beaucoup ignorent. Le musée conserve des portraits d’Arboisiens dessinés au pastel par un certain adolescent du nom de Louis Pasteur. Bien avant de révolutionner la science, le jeune Pasteur tâtait du crayon et croquait ses concitoyens. Ces feuilles offrent un visage méconnu du savant, plus intime et plus tendre. Pour qui visite aussi la maison de Pasteur, toute proche, c’est une jolie passerelle entre l’enfant doué pour le dessin et le génie que le monde retiendra.

Pourquoi glisser ce musée dans votre journée à Arbois ?

Arbois est la capitale du vignoble jurassien et le musée s’insère à merveille dans une balade culturelle. Le matin, on flâne dans les ruelles, on pousse jusqu’à la maison de Louis Pasteur puis on s’offre une dégustation chez un vigneron du cru. L’après-midi, la fraîcheur de l’hôtel Sarret de Grozon devient une parenthèse idéale, surtout l’été. Comptez une bonne heure pour savourer les lieux sans courir. Le musée ouvre l’après-midi en juillet et août, puis le week-end en septembre, avec une entrée à quelques euros seulement. Depuis le chalet, c’est l’excursion parfaite pour un jour où l’on troque le grand air contre un voyage dans le temps.

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