Imaginez poser vos pas exactement là où un dinosaure géant a marché il y a 155 millions d’années. C’est ce que propose le site à pistes de dinosaures de Loulle, une grande dalle calcaire perdue dans la campagne jurassienne, près de Champagnole. On y compte près de 1500 empreintes, c’est l’un des dix plus importants sites du genre au monde, et la bonne nouvelle pour votre escapade : l’accès est totalement libre et gratuit toute l’année.
Que voit-on sur le site à pistes de dinosaures de Loulle ?
Sur place, vous découvrez une vaste dalle de pierre où le temps semble s’être figé. Les empreintes dessinent de véritables chemins, ce que les paléontologues appellent des pistes, comme si les animaux venaient à peine de passer. Une passerelle aménagée vous fait cheminer au-dessus des traces les plus précieuses et des panneaux racontent à quoi ressemblait ce coin du Jura à l’époque, quand une lagune chaude recouvrait la région.
Le résultat est saisissant. On parle d’environ 1500 empreintes relevées par les chercheurs de l’université Lyon 1 et du CNRS. Certaines traces de pattes arrière atteignent jusqu’à un mètre de diamètre, de quoi rendre la promenade franchement impressionnante, surtout pour les enfants qui adorent comparer leur pied à celui d’un colosse disparu. Si vous voyagez avec des petits, cette sortie rejoint parfaitement nos autres idées de balades faciles et de cascades à faire en famille dans le Jura.
L’histoire de la Terre est littéralement sous vos pieds.
Un petit conseil d’ami : la lumière rasante de fin de journée fait ressortir le relief des empreintes bien mieux qu’en plein midi. Les traces ont d’ailleurs été repeintes en 2025 pour rester lisibles, alors elles ressortent vraiment bien en ce moment.
Quels dinosaures ont laissé leurs traces à Loulle ?
Deux grandes familles se partagent la dalle. D’un côté les sauropodes, ces herbivores au long cou et à la silhouette massive, qui ont signé 21 pistes. De l’autre les théropodes, des carnivores qui marchaient sur deux pattes, avec 6 pistes recensées. Parmi elles figurent les traces d’un animal géant encore inconnu ailleurs en Europe, une vraie curiosité scientifique.
Tout ce petit monde a foulé le sol jurassien il y a environ 155 millions d’années. Et puisque vous êtes dans le Jura, autant le savoir : le mot jurassique vient justement de ces montagnes. Les scientifiques du 19e siècle ont donné le nom de la région à cette période géologique. Marcher sur les traces de Loulle, c’est donc revenir à la source même du mot.
Comment visiter le site de Loulle en pratique ?
Bonne nouvelle, l’organisation est simple. Le site se trouve au lieu-dit le Bois-aux-Salpêtriers, le long de la D253. Depuis Ney, prenez la direction de Loulle : avant d’entrer dans le village, sur la gauche, vous tombez sur un parking et un panneau d’information. Vous laissez la voiture là et le tour est joué.
Voici l’essentiel à garder en tête avant de partir :
- Tarif : entièrement gratuit, en accès libre toute l’année
- Site en plein air, prévoyez de bonnes chaussures car le terrain reste un peu accidenté
- Parking sur place, y compris pour camping-cars et bus
- Chien accepté tenu en laisse
- Restez bien sur le parcours aménagé pour préserver la dalle
Comptez une petite heure pour profiter tranquillement de la visite et lire les panneaux. C’est une halte idéale à glisser entre deux baignades aux lacs ou une virée à Champagnole, et elle a tout à fait sa place parmi les endroits les plus insolites à découvrir dans le Jura.
Quand venir et faut-il réserver ?
Pour une visite libre, aucune réservation n’est nécessaire, vous venez quand vous voulez. En revanche, si vous souhaitez une visite guidée pour tout comprendre des empreintes, sachez qu’elles ont lieu en juillet et août, une fois par semaine. Là, mieux vaut réserver auprès de la Maison du tourisme de Champagnole-Nozeroy-Jura au 03 84 52 43 67. C’est l’option que je recommande aux familles curieuses : un guide passionné transforme la dalle en vraie machine à remonter le temps.
Un site né d’une découverte par hasard
L’histoire de Loulle a tout du joli coup du sort. En automne 2004, un randonneur du nom de Jean-François Richard repère d’étranges creux dans la roche. Les chercheurs s’emparent ensuite du site et révèlent un trésor paléontologique parmi les plus anciens de tout l’Arc jurassien.
Face au gel hivernal, à la fragilité du calcaire et au passage des visiteurs, une grande partie de la dalle a été protégée pour traverser les siècles à venir. C’est ce soin qui permet aujourd’hui à chacun de venir, gratuitement, contempler ce témoignage géant de l’histoire de la Terre. Une sortie aussi instructive que dépaysante, à deux pas du chalet.







